Infos ou intox ?
Le nombre de cas estimés de grippe H1N1 en France métropolitaine est monté à environ 4.500 la semaine dernière, avec une augmentation "importante" du nombre d'épisodes de cas groupés, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS).
"La circulation du virus est avérée mais reste limitée", estime l'InVS mercredi dans son bulletin grippe hebdomadaire.
Le nombre des consultations pour grippe clinique a été de 28.000 la semaine du 17 au 23 août, soit 45 cas pour 100.000 habitants (le seuil épidémique est de 74 cas pour 100.000 habitants).
Sur ces 28.000 consultations, environ 4.500 patients ont consulté en médecine de ville pour la grippe H1N1, selon les estimations de l'InVS qui se fondent sur les résultats de prélèvements réalisés par un réseau de médecins spécialisés.
Les chiffres sont très approximatifs, puisqu'on ne procède plus à des prélèvements systématiques sauf pour les cas graves et les cas groupés.
Une femme "présentant des comorbidités graves" est morte le dimanche 23 août dans les Landes, rappelle l'InVS.
Le nombre d'épisodes de cas groupés est en forte augmentation, avec 29 nouveaux épisodes (notamment dans des foyers familiaux et des centres d'hébergement), contre 13 la semaine précédente.
Le nombre des hospitalisations a légèrement augmenté, passant de 9 la semaine précédente à 14. Depuis que l'hospitalisation n'est plus systématique, la moyenne d'âge des patients hospitalisés est de 25 ans, celle des cas graves est de 43 ans. On ne retrouve pas de terrain particulier pour 39% des patients hospitalisés.
L'épidémie progresse nettement à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie et à Wallis et Futuna, actuellement en hiver austral, selon l'InVS.
A la Réunion, on estime le nombre de cas pour la semaine dernière de 9100, en forte hausse par rapport à la semaine précédente (5.600 cas estimés, pour une population de 800.000 habitants).
Les personnes de plus de 6 mois ayant des pathologies chroniques, les femmes enceintes et le personnel médical sont les trois groupes qu'il convient de vacciner en priorité contre le virus A(H1N1), selon une position commune adoptée mardi par les experts des 27 pays de l'UE.
La France, comme l'Espagne et les Pays-Bas, vont vacciner en premier lieu les groupes à risque - personnels de santé, personnes ayant des problèmes de santé chroniques, femmes enceintes.
En France métropolitaine, on estime, en s'appuyant sur les données des réseaux de médecins, qu'il y a eu du 10 au 16 août 22.000 consultations pour grippe en médecine de ville.
Se basant sur la proportion de prélèvements positifs (15%) effectués par un réseau de médecins spécialisés, on aboutit à une estimation d'environ 3.000 patients vus en médecine de ville pour grippe A/H1N1.
Un chiffre "à la louche", arrondi "très grossièrement", qui n'est qu'un "ordre de grandeur", dit le Dr Lévy-Bruhl, pour qui "il ne faut pas donner l'impression qu'on sait". De fait, "personne n'est capable de dire le vrai nombre de cas".
Un chiffre qui ne prend pas non plus en compte ceux qui ne consultent pas.
L'InVS surveille enfin l'évolution éventuelle de la mortalité générale, une évolution qui peut être visible en cas de canicule ou de grippe. "On regarde si ça bouge, tant que ça ne bouge pas, on est rassuré", dit l'épidémiologiste.
